Nos justes, avocats, agents de liaison, membres du Réseau Jeanson, porteurs de valises, nous ont quittés, ils étaient membres d’honneur de LABA asbl

Nous avons l’honneur de compter parmi nos membres, « Les Amis de l’Algérie », c’est intellectuelles et activistes belges qui ont été le fil rouge de notre association et avec lesquels nous avons établi une relation d’amitié, de confiance et de fraternité. Internationalistes et humanistes, ces camarades par leur action clandestine, ont agit pour l’indépendance d’Algérie et l’autodétermination du peuple algérien et qui pour reprendre la plaidoirie de Serge Moureaux, devait libérer les Algériens de l’esclavage de la France.

Nous ne les connaissions pas avant de commencer l’aventure de LABA ensemble, pour certains que part leur nom ou de réputation, c’était une belle et heureuse histoire d’amitié et de rencontre.

Ils ont accepté notre invitation à être :

Membres d’Honneur 
Madame Irène JACMAIN
Madame Cécile DRAPS (Comité des Avocats du FLN)
Madame Susy ROSENDOR (Agen de liaison)
Madame Anne CHOTTEAU (pour honorer son époux Alex Somerhausen, Responsable du Réseau Jeanson)
Madame Paulette PIERSON-MATHY
Monsieur Serge MOUREAUX et son épouse Henriette (Comité des avocats du FLN),
Monsieur Marc De KOCK (Comité des avocats du FLN)
Monsieur Jacques NAGELS
Monsieur Jules RASQUIN (Comité des avocats du FLN)
Monsieur Robert CLAUSSE, dit Robert STEPHANE (Agent de liaison)
Monsieur Jean-Pierre LAPERCHE (pour feu son père Georges Laperche, assassiné par le groupe la Main rouge – armée secrète de la République).

Beaucoup d’entre eux nous ont quittés, nous avons eu l’occasion de partager d’agréables moments d’amitié et d’échange. Toute une mémoire qui nous a quitté et des modèles d’humilité, de courage et d’abnégation pour les générations futures.

Nous avons organisé de très belles et touchantes rencontres-témoignages et conférences-débats avec nos justes que vous retrouverez sur :

Hommage du 3 novembre 2017

APS- Article d’Algérie Presse service du 28 octobre 2017

Conférence-débat du 25 novembre 2016

Rencontre-débat du 6 décembre 2015

Entretien – Maghreb TV du de décembre 2015

Conférence-débat du 18 octobre 2014

Hommage du 27 juin 2012

Rencontre-débat du 11 mai 2012

Rencontre-débat du 3 mars 2012

Conférence-débat du 28 février 2012

Nous rendons hommage à toutes celles et ceux qui parmi eux nous ont quitté, afin que cette mémoire puisse perdurer :

  • Céclile Draps, née en 5 juillet 1932 (jour de l’indépendance de l’Algérie et elle en était fière), est décédée ce mercredi 8 décembre 2021 à Bruxelles, elle avait 89 ans.

Nous présentons nos sincères condoléance à sa famille et ses proches.

C’est la dernière qui a jeté sa révérence, avec Serge Moureaux et Marc De Kock, elle était membre du collectif des avocats belges du FLN durant la Guerre de libération nationale. Fervente militante indépendantiste, toujours très modeste et battante, nous l’avions vu pour la dernière fois, le 5 juillet dernier.

Brillante avocate de l’Université Libre de Bruxelles (ULB), nous avons eu l’occasion de la rencontrer à plusieurs reprises à nos rencontres où elle était soit intervenante et témoin lors de nos conférences et présentation d’hommage des Amis de l’Algérie durant la Guerre de Libération.

  • Paulette Pierson-Mathy, née en 1932, vient de nous quitter, ce dimanche 19 septembre à 18h à Bruxelles, elle avait 89 ans.

En ce jour de deuil, nous présentons nos sincères condoléances à sa famille et ses proches, Paul-Louis et Amilcar.

Ghezala Cherifi, notre Présidente a eu le plaisir de l’avoir à l’ULB comme professeure de Droit international privé. Bien des années plus tard, elle l’invite à participer au Gala de Clôture de LABA asbl comme intervenante pour les commémorations du 60è anniversaire de la Révolution algérienne du 1er Novembre 1954 et nous en gardons un très beau souvenir.

Juriste belge de droit international public et professeure émérite d’université que notre Présidente, Elle s’implique principalement en soutien des pays d’Afrique australe en lutte pour leur indépendance. C’est à la suite de contacts établis à Alger en 1968 avec l’African National Congress (ANC), qu’elle fonde en 1969-1994, le Comité Contre le Colonialisme et l’Apartheid (CCCA), dont le but est de soutenir les mouvements de libération et anti-apartheid à travers le monde, en se focalisant particulièrement sur la région du Sud-Ouest de l’Afrique.

  • Susy Rosendor (Suzanne), née le 18 septembre 1933 – Uccle (à Bruxelles), elle nous a quitté le 19 août 2020, à l’âge de 87 ans.

Ghezala, notre Présidente en garde une amitié et de très tendre souvenirs, tout comme Henriette Moureaux, elle a été une personnalité attachante et plein d’humilité et d’abnégation. Très intéressée par nos activités et très disposée à répondre aux sollicitations et invitations que nous lui adressions pour témoigner et avec modestie, raconter son engagement sans faille pour la cause algérienne et son indépendance.

Ici Susy Rosendor en 2014 au Festival des Libertés

Ses quelques messages amicaux envoyé à notre Présidente :

« Bonjour Ghezala,  Je me souviens bien de ton père, qui était présent   lors  d’une réunion  que tu avais organisé.
Je te présente mes plus sincères condoléance, un père  est précieux  et son décèslaisse toujours un grand vide.
Amicalement  Suzy »
.

« Bonjour, Pourrais-tu me communiquer le nom et le téléphone de celui qui a participé à la soirée et qui été sur l’estrade.  C’était une belle soirée, félicitation pour l’organisation. Amicalement, Suzy » . 

« Chère Ghezala,  Je viens de visionner la retransmission de notre présence sur Télé  Maghreb.  Malgré nos doutes après  notre interview, je trouve que c’est une très bonne émission.  L’essentiel été dit et retransmis.  Tu as été parfaite.  Amicalement, Suzy ».

« Oui, je suis d’accord.  Il est important que les jeunes connaissaient l’histoire de leur pays ( et l’histoire)pour comprendre le monde dans le lequel  l’on vie.  Suzy Thuy-Rosendor« .

« Bonjour Ghezala, C’est avec plaisir que j’assisterai  aux deux journées que tu organise.  Merci, bon travail et à bientôt.  Amicalement, Suzy Rosendor. Si je peux faire quelque chose pour aider, n’hésite pas a faire appel à moi. « .

« Chère Cherifi,  Je voudrais vous annoncer le décès de Jacques Nagels dont la nécrologie est parue dans le Soir aujourd’hui.  Il était un militant actif pendant la Guerre d’Algérie.  Il a d’ailleurs fait 4 mois de prison, ayant été arrêté à la frontière française pour une tentative de transport de journaux  illégaux  en France.  Si vous voulez plus de renseignement le concernant, Serge ou Cécile peuvent vous en donner.  Très amicalement,  Suzy Les funérailles auront lieu au crématorium d’Uccle, avenue du Silence ce samedi  1er mars à  9h30. » 

Je viens de prendre connaissance du mail de Marie-Paule, ce qui me remets en mémoire que Cécile et moi  avions écumés les médecins de Bruxelles pour récolter des médicaments. Nous avons rencontrer beaucoup de sympathie de la part des médecins et avons eu des très bon résultats.  Ensuite le Docteur Yvon Kenis faisait le tri…car il y avait de tout!  Nous n’étions pas qualifiée pour choisir ce qui était utile pour les malades et blessés.   A bientôt, Suzy

Suzy n’aimait pas vraiment la qualification de porteur de valise qu’elle trouve très réducteur, un terme qui a été amené par les Français https://miniurl.be/r-3ta4, elle préférait agent de liaison, voir plus que ça, elle estimait que les activités des camarades qui agissaient étaient beaucoup plus importantes, pour sa part, elle a transféré de l’argent de France en Belgique, elle conduisait beaucoup de militants en Allemagne. Elle a été en contact avec des dirigeants du FLN qui était en Belgique et qui faisait des aller/retour et la seule fois où elle a porté une valise, c’est lorsqu’elle a transporté des archives du FLN qu’elle avait entre la Belgique et l’Allemagne. Les Allemands étaient très coopératifs avec les Algériens parce qu’ils savaient qu’après il y aurait des affaires à faire.

Elle expliquait que leur rôle était de trouvé des logements aux Algériens, de leur trouver des faux papiers et Guy Cudel (feu Bourgmestre de Saint-Josse Ten-Noode) en a été une des chevilles ouvrières, de les nourrir, les cacher, …

Issue de parents militants communistes originaire du bloc de l’Est à l’époque, aujourd’hui la Moldavie, elle a été baigné dans ce mouvement antiraciste et anticolonialiste. Membre du Parti communiste de Belgique (PCB) marxiste-léniniste qui la dissuade de porter son soutien à la révolution algérienne, proche de Cécile Draps, avocate du Collectif belge , elle décide d’apporter son aide aux militants algériens qu’elle rencontre à la cité universitaire de l’ULB alors qu’elle entame des études de sciences politiques et administratives en 1960-1961.

« Électron libre » par rapport aux différents réseaux de soutien, la position singulière de Suzy Rosendor se traduit par des contacts directs avec les membres du Comité de la Fédération de France du Front de libération nationale (FLN), surtout Kaddour Ladlani, parfois Omar Boudaoud ou avec Rabah Nehar, le responsable de l’Union générale des travailleurs algériens, mais aussi avec le responsable du FLN pour la Belgique, Titouche Abdelmajid. Ils lui confient différentes missions. Elle assure le transport régulier des cadres et des militants de l’Organisation politico-administrative et de l’Organisation spéciale vers Paris, Lille (département du Nord, France), Amsterdam (Pays-Bas) ou Cologne (Allemagne) mais aussi d’autres liaisons transfrontalières en ayant plusieurs fois la charge des documents et archives du FLN. Enfin elle est chargée de trouver des logements à Bruxelles pour les militants en clandestinité et participe à la filière médicale.

Suzy Rosendor mène ses actions politiques indépendamment de son mari, de sa propre initiative et selon ses propres convictions politiques. Son combat pour l’Algérie peut être considéré comme celui de toute une vie. Elle entretient d’ailleurs une longue amitié avec Omar Boudaoud, ancien responsable de la Fédération de France du FLN, qui la cite dans ses mémoires : « Prenant tous les risques d’un tel engagement, assistés par de nombreux amis de notre Révolution, tels Suzy et André Thuy, ils organisèrent des filières vers la France, cachèrent et soignèrent des réfugiés algériens qui avaient clandestinement traversé la frontière franco-belge ». Suzy Rosendor reste très attentive à l’évolution de l’Algérie, au niveau de vie de sa population et à son soulèvement populaire depuis février 2019. Elle apprend d’ailleurs avec persévérance la langue arabe. Elle sera très émue de retrouver le peuple algérien en 2017 puis en 2018.

Le 9 mars 2020, Suzy Rosendor est à l’origine de l’initiative de l’apposition, au numéro 10, rue Longue vie à Ixelles, d’une plaque commémorative de l’assassinat, sur ordre du colonisateur français, de l’étudiant algérien Akli Aissiou. Un colloque est organisé pour l’occasion à l’ULB. » Sources.

  • Henriette Moureaux, née le 24 juin 1932 à Etterbeek, décédée le 28 juin 2019 à Strud, elle avait 87 ans

Ghezala Cherifi, notre Présidente avait une sympathie particulière pour cette grande dame et c’était réciproque. Nos premiers contacts et notre première rencontre nous dit-elle étaient plein de respect réciproque et de gentille. Une femme très discrète et pleine d’amabilité et de bienveillance. Ghezala a pu compter sur elle lorsqu’elle était à la recherche de témoin de cette période, elles entamèrent une belle collaboration. Très amicale aussi.

C’était toujours par elle que la Présidente passait pour avoir des nouvelles de son mari, Serge, lorsqu’il était souffrant et elle pouvait aussi compter sur elle pour le représenter lors de rencontre et débat publique. Elle est d’ailleurs sur la photo en page de garde, avec Marck De Koock, Jacques Nagels et son beau-frère Philippe Moureaux.

Toujours très intéressée par les activités de LABA asbl et ses retours sympathiques :

« Quelle belle initiative ! Qu’elle atteigne son but ! Félicitations et amitié. Henriette Moureaux »

Lorsque nous avons appris le décès de Jacques Nagels (présentation ci-dessous) :

« Chère Ghezala, Mon mari et moi sommes profondément affectés par le départ de notre ami Jacky Nagels. Encore un « ancien » qui s’en va. Et un solide pourtant. Il m’est totalement impossible d’être présente demain et je le regrette mais je suis apaisée et heureuse de savoir que vous serez là. Après bien des appels infructueux suivis de recherches, j’ai appris par son fils que Marc De Kock s’était brisé le col du fémur il y a déjà quelques semaines, et avait dû être hospitalisé. J’ai aussitôt tenté de le joindre mais sans succès. Je réessayerai cet après-midi. Je vous tiendrai informée de la suite. Bien à vous, Henriette« .

« Roger Lallemand était aussi un intellectuel comme on n’en croise hélas plus que très rarement dans nos contrées. Ami de Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, il avait notamment défendu les résistants nationalistes algériens. Son fil rouge? Essentiellement la défense des droits de l’homme. Cela lui valut ainsi de se voir interdit de séjour en France parce qu’il avait défendu des porteurs de valises du FLN à l’époque du combat pour l’indépendance de l’Algérie. « 

Je vous adresse le message que m’avais envoyé Henriette Moureaux :

« Merci, chère Ghezala, pour votre communication. Je suis heureuse que notre ami André MERCHIE ait retrouvé sa place dans les souvenirs de chacun d’entre nous. Le Collectif belge des avocats se composait de Cécile DRAPS, André MERCHIE, Marc DE KOCK et de mon mari Serge MOUREAUX qui en était le responsable. André MERCHIE était plus spécialement affecté aux visites régulières des détenus F.L.N. dans les prisons du Nord de la France. Il nous a quittés en 2008.

Je ne dispose plus, malheureusement, que de notre exemplaire du livre que mon mari a consacré à cette période de notre vie « Avocats sans frontières » préfacé par M. Ali HAROUN et édité par Casbah éditions à Alger. Je suis sûre que la lecture de ce petit opuscule pourrait répondre à quelques-unes des questions que vous pourriez vous poser.

Je vous souhaite un beau succès pour votre soirée projection-débat. J’admire votre enthousiasme et votre rayonnement et suis toujours heureuse de vous retrouver. »

Description du livre : A compte d’auteur (vers 1961), Bruxelles, 1961. Broché, couverture avec rabats, 19cm x 13cm, 96pp, annexes. Excellent état. A la couverture, le nom de Marc De Kock est orthographié par erreur de Kock. Précédées d’une introduction des trois premiers auteurs, datée du 20 novembre 1960 (pp5-30), les plaidoiries de Mes Moureaux, De Kock et Oussedik, contre l’extradition de Rabah Ouakli, Tehar Zaouche et Areski Abdi, militants du Front de Libération Nationale – FLN algérien, évadés de la prison de Valenciennes, plaidoiries prononcées le 29 octobre 1960 devant la Chambre des Mises en Accusation de la Cour d’Appel de Bruxelles (pp31-88). Marc De Kock sera Président de la Ligue Belge pour la Défense des Droits de l’Homme de 1973 à 1978 puis, après sa scission linguistique, Président de la Liga voor Mensenrechten de 1978 à 1984. Serge Moureaux, avocat né en 1934, fils de l’ancien ministre libéral Charles Moureaux et frère de l’ancien ministre et vice-Président du Parti Socialiste Philippe Moureaux, fut, pendant la guerre d’Algérie, actif dans le soutien au Front de Libération Nationale alors qu’il était libéral, puis passa au Front Démocratique des Francophones et enfin au Parti Socialiste. Sénateur de 1977 à 1995, député de 1995 à 1999, il présida le Parlement francophone de Bruxelles de 1989 à 1995. André Merchie, formait avec Mark De Kock, Serge Moureaux et Cécile Draps le collectif belge des avocats du FLN plaidant également, comme eux, devant les tribunaux militaires français. Secrétaire général du Comité d’Aide aux Détenus Algériens, il s’est pleinement investi dans le soutien aux prisonniers et à leurs familles; il est décédé en 2008. Mourad Oussedik (1926-2005), issu d’une famille de notables kabyles, avocat à Bejaïa, est arrêté en 1949 pour insoumission. Dès 1955, il constitue en France le collectif d’avocats du FNL, fort d’une centaine de membres et comprenant notamment le futur ministre des Affaires étrangères et Président du Conseil Constitutionnel Roland Dumas et Gisèle Halimi. Après l’Indépendance, il est député à l’Assemblée Constituante algérienne puis Conseiller juridique à l’Ambassade d’Algérie à Paris. Inscrit au barreau de Paris, il défendra notamment des opposants à Hassan II, le terroriste Carlos et l’Eglise de Scientologie. Joint: Avis nécrologique de Marcus (« Mark ») De Kock (« Le Soir » de Bruxelles du 2 décembre 2015, 7 x 9cm). Algérie / Guerre d’Algérie / Belgique / Droit. N° de réf. du libraire 10957

Me André Merchie vient de s’éteindre la semaine dernière à Bruxelles (le 11 novembre 2008 à l’âge de 80 ans). Il avait été, pendant la guerre d’Algérie, l’un des quatre membres permanents du Collectif  belge des avocats du FLN, qui activait alors sous la responsabilité de Me Serge Moureaux, fils du ministre de l’Instruction publique. Durant toute la guerre,  André Merchie a consacré son temps, comme ses autres confrères du collectif, à la défense des militants, devenant à la longue un permanent du Front, au même titre que ceux de la Fédération de France du FLN. Il assurait plus particulièrement dans le nord de la France les visites régulières aux prisons et les contacts avec les responsables des détentions de Loos-Lez-Lille, Douai, Béthune, Valenciennes, Dunkerque, Avesnes… maintenant un contact permanent du détenu avec le “nidham”. Il plaidait également, en appui de Serge Moreaux, Cécile Draps et Mark Dekock, pour nos militants devant les tribunaux militaires français. Comme secrétaire général de l’A.S.B.L., “Comité d’aide aux détenus algériens”, il était de par sa fonction complètement investi dans le soutien aux prisonniers et à leurs familles, remplissant en quelque sorte la mission que le CSD poursuivait au sein de la Fédération de France à l’intérieur du territoire français. Si, aujourd’hui, nous nous inclinons à sa mémoire, interrogeons-nous pourquoi ces jeunes avocats, si éloignés à l’époque du drame que vivaient les Algériens, se sont-ils engagés sans réserve dans un combat qui, a priori, n’était pas le leur. Ces juristes à l’aube d’une carrière, que leur engagement allait sérieusement perturber, avaient spontanément compris que les hommes qu’ils défendaient contestaient d’emblée la loi du colonisateur qui, jusqu’à présent, couvrait du manteau du légalisme colonial l’occupation de l’Algérie, apaisant ainsi bien des consciences troublées. Et c’est précisément cette hypocrisie que nos avocats dans la fougue de leurs premières années de barreau entendaient dévoiler. Convaincus qu’au-dessus de la loi contingente du moment, traduisant la prédominance de certains hommes — ou certains peuples — sur d’autres, ils croyaient en une loi permanente, expression d’une vérité éternelle : l’homme est né pour vivre libre. Et cette loi naturelle, aucun juge, aucune juridiction ne la sauraient transgresser sans perdre le respect attaché à leur fonction. Le droit, quelles que soient l’apparence légale de son expression et la solennité dont il s’entoure, ne peut excuser ni encore moins justifier, par une servile application de la loi positive, l’injustice fondamentale procédant de la négation ou du mépris de la loi naturelle.  Tel était le message universel que le Collectif des avocats du FLN en France, en Belgique et dans d’autres pays voisins entendait transmettre. 
La voix de l’un d’eux, celle d’André Merchie, s’est éteinte. Cependant, à l’époque, elle parvint à se faire progressivement entendre, d’autant plus convaincante qu’elle émanait d’un avocat belge, complètement étranger à une Algérie qu’il ne connaissait pas, mais dont la lutte exprimait les aspirations profondes de l’homme du Tiers-Monde au respect de sa liberté et de sa dignité.

La voix de l’un des principaux avocats du FLN s’est éteinte la semaine dernière : 
Hommage à Me André Merchie

Jeudi 27 novembre 2008 — Me André Merchie vient de s’éteindre la semaine dernière à Bruxelles. Il avait été, pendant la guerre d’Algérie, l’un des quatre membres permanents du Collectif belge des avocats du FLN, qui activait alors sous la responsabilité de Me Serge Moureaux, fils du ministre de l’Instruction publique. Durant toute la guerre, André Merchie a consacré son temps, comme ses autres confrères du collectif, à la défense des militants, devenant à la longue un permanent du Front, au même titre que ceux de la Fédération de France du FLN. Il assurait plus particulièrement dans le nord de la France les visites régulières aux prisons et les contacts avec les responsables des détentions de Loos-Lez-Lille, Douai, Béthune, Valenciennes, Dunkerque, Avesnes… maintenant un contact permanent du détenu avec le “nidham”. Il plaidait également, en appui de Serge Moreaux, Cécile Draps et Mark Dekock, pour nos militants devant les tribunaux militaires français. Comme secrétaire général de l’A.S.B.L., “Comité d’aide aux détenus algériens”, il était de par sa fonction complètement investi dans le soutien aux prisonniers et à leurs familles, remplissant en quelque sorte la mission que le CSD poursuivait au sein de la Fédération de France à l’intérieur du territoire français. Si, aujourd’hui, nous nous inclinons à sa mémoire, interrogeons-nous pourquoi ces jeunes avocats, si éloignés à l’époque du drame que vivaient les Algériens, se sont-ils engagés sans réserve dans un combat qui, a priori, n’était pas le leur. Ces juristes à l’aube d’une carrière, que leur engagement allait sérieusement perturber, avaient spontanément compris que les hommes qu’ils défendaient contestaient d’emblée la loi du colonisateur qui, jusqu’à présent, couvrait du manteau du légalisme colonial l’occupation de l’Algérie, apaisant ainsi bien des consciences troublées. Et c’est précisément cette hypocrisie que nos avocats dans la fougue de leurs premières années de barreau entendaient dévoiler. Convaincus qu’au-dessus de la loi contingente du moment, traduisant la prédominance de certains hommes — ou certains peuples — sur d’autres, ils croyaient en une loi permanente, expression d’une vérité éternelle : l’homme est né pour vivre libre. Et cette loi naturelle, aucun juge, aucune juridiction ne la sauraient transgresser sans perdre le respect attaché à leur fonction. Le droit, quelles que soient l’apparence légale de son expression et la solennité dont il s’entoure, ne peut excuser ni encore moins justifier, par une servile application de la loi positive, l’injustice fondamentale procédant de la négation ou du mépris de la loi naturelle. Tel était le message universel que le Collectif des avocats du FLN en France, en Belgique et dans d’autres pays voisins entendait transmettre. La voix de l’un d’eux, celle d’André Merchie, s’est éteinte. Cependant, à l’époque, elle parvint à se faire progressivement entendre, d’autant plus convaincante qu’elle émanait d’un avocat belge, complètement étranger à une Algérie qu’il ne connaissait pas, mais dont la lutte exprimait les aspirations profondes de l’homme du Tiers-Monde au respect de sa liberté et de sa dignité.

Notre histoire étant si peu écrite ou très mal écrite, les Algériens, jeunes et moins jeunes, ne peuvent pas imaginer à quel point la lutte de libération a été importante pour de nombreux militants étrangers. Des questionnements (et remises en question) philosophiques, éthiques et politiques ont été suscités et alimentés par ces femmes et ces hommes qui ont choisi d’être du côté de la justice. Dans notre présent désenchanté et avec « l’apport » du laminage effrayant de la transmission historique, on ne mesure pas la grandeur et I’aura du combat des Algériens. Ce laminage ne permet pas non plus aux Algériens de saisir I’immensité du mouvement de solidarité que leur combat a suscité.

Les robes noires, converties en véritables agents de liaison du FLN/GPRA, deviennent alors des cibles faciles. Des listes d’avocats à abattre circulent et sont mises à exécution. Ceux qui ne tombent pas sous les balles sont inculpés pour «contestation de l’ordre public».

Le rôle de ces hommes du verbe a été tout aussi déterminant que les embuscades que tendaient les djounoud aux troupes françaises ou les manifestations populaires de décembre 1960 et d’octobre 1961 à Paris». Dans ce contexte, une des pages les moins connues reste probablement celle des avocats belges. Dans sa communication, Linda Amiri (faculté des sciences humaines de Strasbourg) dira, pour sa part, que ce collectif est «emmené par Serge Moureaux, Marc de Kock, Cécile Draps et André Merchie.

On peut s’interroger sur le pourquoi de cette internationalisation : 
Pourquoi des avocats belges se mobilisent contre une guerre qui n’est pas la leur ?
Quelles étaient les fonctions de ces avocats belges et leurs liens avec les autres avocats du FLN ? ». Autant de questions à se poser ?

Description du livre : A compte d’auteur (vers 1961), Bruxelles, 1961. Broché, couverture avec rabats, 19cm x 13cm, 96pp, annexes. Excellent état. A la couverture, le nom de Marc De Kock est orthographié par erreur de Kock. Précédées d’une introduction des trois premiers auteurs, datée du 20 novembre 1960 (pp5-30), les plaidoiries de Mes Moureaux, De Kock et Oussedik, contre l’extradition de Rabah Ouakli, Tehar Zaouche et Areski Abdi, militants du Front de Libération Nationale – FLN algérien, évadés de la prison de Valenciennes, plaidoiries prononcées le 29 octobre 1960 devant la Chambre des Mises en Accusation de la Cour d’Appel de Bruxelles (pp31-88). Marc De Kock sera Président de la Ligue Belge pour la Défense des Droits de l’Homme de 1973 à 1978 puis, après sa scission linguistique, Président de la Liga voor Mensenrechten de 1978 à 1984. Serge Moureaux, avocat né en 1934, fils de l’ancien ministre libéral Charles Moureaux et frère de l’ancien ministre et vice-Président du Parti Socialiste Philippe Moureaux, fut, pendant la guerre d’Algérie, actif dans le soutien au Front de Libération Nationale alors qu’il était libéral, puis passa au Front Démocratique des Francophones et enfin au Parti Socialiste. Sénateur de 1977 à 1995, député de 1995 à 1999, il présida le Parlement francophone de Bruxelles de 1989 à 1995. André Merchie, formait avec Mark De Kock, Serge Moureaux et Cécile Draps le collectif belge des avocats du FLN plaidant également, comme eux, devant les tribunaux militaires français. Secrétaire général du Comité d’Aide aux Détenus Algériens, il s’est pleinement investi dans le soutien aux prisonniers et à leurs familles; il est décédé en 2008. Mourad Oussedik (1926-2005), issu d’une famille de notables kabyles, avocat à Bejaïa, est arrêté en 1949 pour insoumission. Dès 1955, il constitue en France le collectif d’avocats du FNL, fort d’une centaine de membres et comprenant notamment le futur ministre des Affaires étrangères et Président du Conseil Constitutionnel Roland Dumas et Gisèle Halimi. Après l’Indépendance, il est député à l’Assemblée Constituante algérienne puis Conseiller juridique à l’Ambassade d’Algérie à Paris. Inscrit au barreau de Paris, il défendra notamment des opposants à Hassan II, le terroriste Carlos et l’Eglise de Scientologie. Joint: Avis nécrologique de Marcus (« Mark ») De Kock (« Le Soir » de Bruxelles du 2 décembre 2015, 7 x 9cm). Algérie / Guerre d’Algérie / Belgique / Droit. N° de réf. du libraire 10957

  • Serge Moureaux, né en 1934, il décédé le 25 avril 2019 à l’âge de 85 ans

Ghezala Cherifi, notre Présidente a été invitée aux funérailles de Serge Moureaux, la cérémonie était digne du personnage qu’il était. Ghezala connaît la famille Moureaux par sa militance et en tant qu’ULBiste (étudiante à l’ULB). Son fils Pierre est un de ses collègues au Ministère.

Docteur en droit de l’Université libre de Bruxelles, Sénateur, Député régional bruxellois, Serge Moureaux, a été défenseur des Algériens durant la Guerre de Libération nationale.

Bien que fort fatigué et malade, la Présidente l’avais eu souvent au téléphone pour échanger et lui faire part de ses actions du passé envers l’Algérie. C’est ainsi qu’il lui a raconté son attachement et indignation lors de l’assassinat par la Main rouge de l’étudiant algérien en 7 année de médecine, Akli Aissiou alors qu’il avait 33 ans, à Ixelles, rue de la Longue vie, en région bruxelloise. Nous avons d’ailleurs le 9 mars 2020, participé à la cérémonie d’hommage et la pose de la plaque commémorative à son honneur pour les 60 ans de son assassinat, organisée par l’Echevin de la Commune d’Ixelles, Yves Royet .

C’était donc Serge qui a eu accès au dossier relatif à l’assassinat, il connaissait la victime, c’était un ami, il l’avait hébergé. Très vite, les militants du Comité pour la paix (belge) avaient incriminé les services secrets français.

Les funérailles d’Akli Aissiou fut exceptionnel dans le contexte de l’époque, où l’Algérie était encore en guerre avec le voisin français. Une foule imposante avait suivi le corbillard de l’étudiant assassiné. Sur le cercueil, l’emblème national algérien fut déployé pour la première fois en Europe, très symbolique.

Serge Moureaux a continué ses combats en étant membre du Comité des avocats du FLN où il défendait des prisonniers algériens qui étaient poursuivis par la France et ne pouvaient être défendus.

Pour en savoir plus, El Watan en parle davantage – et nous tenons à ouvrir ici un parenthèse parce que nous l’avons très mal vécu : nous tenons à signaler que Paul Emmanuel Babin, cité comme chercheur dans l’article, avait sollicité LABA asbl pour l’aider dans sa thèse qu’il débutait et pour avoir les coordonnées de nos justes (les échanges de mails nous les avons gardé), il avait participé comme public (et non comme intervenant) à nos conférences-témoignages pour alimenter ses recherches, il était question même de collaborer et d’organiser avec LABA une présentation de sa thèse et après avoir eu ce qu’il voulait, il nous a lâchement tourné le dos en nous écartant de toute organisation, promotion ou médiatisation. C’est ainsi que le Colloque du 29 octobre 2017 à Alger organisé par le Consulat de Belgique et les autorités algériennes a été quasi interdit à notre organisation, le Consul général de Belgique de l’époque nous avait fait comprendre que nous étions les bienvenus mais pas pour faire partie de la délégation de Belges, notre présence devait se faire discrètement et à nos frais. Notre Présidente à pris sur elle et y est allée avec ses fond propres. Tout était bien quadrillé à l’Algérienne et à l’image de l’ancien colon au colonisé. Nous le répétons, nous avons eu vraiment eu ce sentiment de retourner à l’ancienne métropole qui ne voulait pas reconnaître l’indigène, nous belgo-algérien.nes, de par notre histoire familiale et notre travail de mémoire, avions toute la légitimité de faire partie de cette délégation. Un courrier motivé a été envoyé par la Présidente au Consul général pour marqué sa désapprobation ! N’ayant pas les bras aussi long, ne connaissant pas les Ministres algériens de la Culture et de la Communication, notre Présidente n’a pas pu leur faire part de cette éviction et usurpation ! Mais le temps fera droit à la vérité. La Journaliste de l’APS (L’Algérie presse service) en Belgique qui avait trouvé injuste le sort qui nous avait été réservé, y a participé. Elle avait suivi notre engagement et notre travail, nous la remercions, elle a rendu à César ce qui était à César par la mise en ligne de cet article « Les Belges dans la guerre d’Algérie: « une des belles pages de l’histoire de la lutte du peuple algérien »  Un bel hommage rendu à notre Présidente, Ghezala Cherifi, pour son travail de mémoire qui depuis 2012 n’a eu de cesse de lever le voile sur la contribution de ces militants humanistes, anticolonialistes au côtés du peuple algérien et luttant pour l’indépendance d’Algérie.

Toute la vie de cet homme de loi, a été marquée du sceau de l’engagement.

Homme de culture, il a rédigé « Léopold III, la tendance autoritaire » et présidé pendant plusieurs années la « Maison de Francité à Bruxelles.

  • Philipe Moureaux, né le 12 avril 1939 à Etterbeek, décédé le 15 décembre 2018 à Molenbeek, il avait 79 ans

Jeune frère de Serge Moureaux, Ghezala, notre présidente a connu également Philippe, d’abord comme professeur de Critique historique à l’ULB et ensuite comme militante.

Lors de la première conférence-débat qu’elle avait organisé le 28 février 2012 sur le « Front du Nord », l’hommage aux activistes belges durant la guerre d’Algérie, Philippe Moureaux avait témoigné et lu le récit de son grand frère Serge, ne pouvant se déplacer pour des raisons de santé à l’époque.

C’était une autre facette que nous découvrions. Même si modestement il nous a raconté comment il a rejoint alors qu’il était jeune étudiant, le mouvement et les actions, aussi modestes, avec son frère pour l’indépendance de l’Algérie. Nous vous invitons à voir ou revoir la vidéo de la conférence qui témoigne de sa participation.

Il en a pas fait trop écho, peu parmi les militants socialistes qu’il a dirigé pendant plusieurs années, connaissent cette partie de son histoire. Comme beaucoup de ces activistes de l’époque, c’est la Guerre d’Algérie qui a forgé son combat de gauche et de la justice.

Nous connaissons Philippe Moureaux comme un homme politique qui a marqué la politique belge et au-delà les citoyens et particulièrement de ses administrés. Bourgmestre en fin de carrière, Ministre, Sénateur et Ministre d’Etat, c’est le père de la « Loi Moureaux », loi qui fait du racisme un délit.

Lui qui représentait son frère, malade lors de la rencontre du 28 février 2012, c’est lui qui est parti avant, le cancer l’a pris a jamais.

  • Robert Stéphan, décédé le 1er décembre 2018, à 85 ans, il allait avoir 86 ans le 6 décembre.

C’est dans le tard que j’ai pu avoir connaissance de l’engagement de Robert Stéphane pour l’Algérie indépendante auprès des militants du FLN.

Tout comme avec les autres amis de l’Algérie, notre Présidente l’avais mis en contact avec Paul-Emmanuel Babin, chercheur français qui prépare une thèse sur la question. Ce dernier, malheureusement sans aucune explication et reconnaissance lui a tourné le dos et a tout fait pour évincé l’action de LABA asbl dans tout ce modeste travail de mémoire.

L’échange que la Présidente a eu avec Robert Stéphane sur cette prise de contact avec P-E Babain :

« Chère amie, je vous remercie pour m’avoir introduit. Vous pouvez  donner mes coordonnées à ce chercheur.
Robert Stéphane ».

  • Marc De Kock, né à Alost, le 15 janvier 1929, il est décédé à Bruxelles le 27 novembre 2015, il avait 86 ans

Il grandit dans un milieu néerlandophone. Collaborateur du Ministre du Commerce Extérieur socialiste Hendrik Fayat, Marc De Kock est également rédacteur dans la revue Socialistiche Standpunten, qu, en milieu flamand, est la revue sœur de la revue Socialisme, où collaborent de nombreuses personnalités du Parti Socialiste Belge et de la gauche.

Marc De Kock fait son stage au barreau de Bruxelles le 29 septembre 1952 et il est inscrit au Tableau de l’ordre néerlandais des avocats du barreau de Bruxelles le 8 juillet 1956.

Il se marie avec Georgette François, sœur aînée d’Henriette François (épouse de Serge Moureaux), qui fut membre de la Résistance, elle hébergeait des parachutistes anglais.

Georgette François s’est engagée aux côtés de son mari dans les différentes mobilisations et en assurant surtout le secrétariat du bureau de presse des avocats du collectif belge du FLN.

Pendant la guerre d’Algérie, Marc De Kock est le premier avocat à s’engager en faveur du FLN, bien que des avocats communistes comme Jules Raskin plaidaient pour la défense des Algériens bien avant 1958. Marc De Kock est contacté par Pierre Le Grève afin d’assurer la défense des premiers militants arrêtés, en particulier les syndicalistes algériens. Ces syndicalistes algériens de l’UGTA (Union Générale des Travailleurs
Algériens) tentent de faire reconnaître leur organisation de façon concurrente à l’USTA (Union Syndicale des Travailleurs Algériens) auprès de la CISL, dont le siège est à Bruxelles. Marc De Kock avocat auprès de la CISL prend logiquement attache avec les syndicalistes algériens, partisans du FLN, qui une fois la reconnaissance de l’UGTA obtenue, viennent par la suite faire des stages à la FGTB. La première grande affaire sera celle de Rahmoune Dekkar. A partir de 1958, Marc De Kock est chargé par le Comité pour la Paix en Algérie de mettre en place une branche flamande du Comité pour la Paix en Algérie en direction des étudiants néerlandophones de Leuven, mais aussi en direction des milieux progressistes de Gand ou d’Anvers. Ce dédoublement du Comité pour la Paix : « Comité voor de Vrede in Algerië » entend s’appuyer sur des personnalités comme les professeurs Willy Calewaert ou Jan Grootaers.

En 1962 où il défend le statut de réfugié. Enfin Marc De Kock assure également la médiatisation de la défense des trotskystes Sal Santen et Michel Raptis en juin 1961, poursuivis pour fausse monnaie dans le cadre du soutien à la révolution algérienne. Après l’Indépendance Marc De Kock devient Président de la Ligue Belge pour la Défense des Droits de l’Homme de 1973 à 1984. Lors de la scission du barreau de Bruxelles, il est le premier Bâtonnier de l’Ordre flamand. Il apparaît comme un réformateur de la Ligue Belge pour la Défense des Droits de l’Homme de par son ouverture au droit international. Il oriente la Ligue vers une plus grande vigilance face à l’oppression du fait des violations démocratiques comme au Chili ou de la persistance des conflits coloniaux en Afrique du Sud ou en Israël et en Palestine. Il démontre également un soucis constant de la défense des libertés individuelles et prend position contre le racisme. Marc De Kock a été un juriste qui a contribué à l’évolution du droit en Belgique.

Sources : AMAROM – ARCHIVES ET RECHERCHE – Janvier-février 2021

  • Jacques Nagels, né en 1937 et décédé le 27 février 2014, il avait 77 ans

Trop tôt pour poursuivre avec lui l’aventure des rencontres-témoignages qui avec beaucoup d’humour nous avait séduit et touché. C’est par Suzy Rosendoor, membres d’honneur de LABA asbl que nous apprenons le décès de Jacques Nagels, dit « Jacquy », également sympathisant de notre association. Il avait été le professeur d’Économie politique en 2ème Candi Sc. Po ULB de notre Présidente et l’avait redécouvert non pas comme prof d’université mais à travers un témoignage très touchant et poignant qu’il avait donné lors de la projection-débat que nous avions organisé le 28 février 2012 dans le cadre des commémorations des 50 ans de l’indépendance de l’Algérie  

Il était tout comme Suzy et les autres que vous découvrez Conférence-débat du 28 février 2012, un militant actif pendant la Guerre d’Algérie.  Il a d’ailleurs fait 4 mois de prison où il était le scribe des prisonniers algériens, ayant été arrêté à la frontière française pour une tentative de transport de journaux  illégaux  en France.

Professeur honoraire d’économie politique à l’ULB et à la VUB, il menait des recherches, témoin privilégié de l’évolution du capitalisme à l’aube du troisième millénaire. Les problèmes de développement du tiers-monde lui tenaient particulièrement à cœur.

Il fut directeur de la collection « Histoire, économie, société » de l’Institut de Sociologie aux Éditions de l’Université de Bruxelles.

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