Conférence : Voix de femmes algériennes dans l’oeuvre d’Assia Djebar.

LABA asbl a eu le plaisir de recevoir l’écrivaine algérienne Amel Chouati, le 10 avril 2015 à Amazone asbl pour une Conférence consacrée à l’oeuvre d’Assia Djebar animée par Ghezala Cherifi, Présidée et Fatiha Abidi, Administratrice.

Femme-Ecrivain et Fondatrice du Cercle des Amis d’Assia Djebar, Amel Chouatii est aussi l’auteure du livre « Les Algériennes du Château d’Amboise » qui révèle la villégiature carcérale incroyable des femmes de la smala de l’Emir Abdel-Kader.

Amel Chaouati nous a fait découvrir ou redécouvrir cette grande Dame qu’était Assia Djebar qui nous a quittée le 6 février dernier. Elle nous a fait « entendre la Voix d’Assia Djebar » (comme elle l’entend, nous dit-elle, à chacune de ses lectures), à travers son exposé mais aussi et surtout à travers son ressenti et son vécu. Avec passion, elle nous a entraîné dans le monde et l’univers d’Assia Djebar que nous étions loin de connaître en profondeur, Amel nous a emmené dans des imaginaires où chacun et chacune, j’en suis sûre pouvait la percevoir quelque part dans sa tête. De son vrai nom Fatima-Zohra Imalhayène, elle le changea en Assia Djebar pour pouvoir écrire et s’exprimer disait-elle.

Assia Djebar ne se présentait pas en héroïne malgré toute la reconnaissance qu’elle eut à travers le monde, en Belgique, en France et particulièrement dans les pays anglo-saxons et en Allemagne. Elle avait au fond d’elle-même des combats à mener, ses combats en tant que femme dans une Algérie patriarcale où les femmes étaient reléguées au sérail. « Réfléchir sur nous-mêmes et trouver sa voie, autre que celle imposée par la société … ». (Amel Chaouati). Son œuvre d’une densité extrême, chaque mot est posé, chaque mot a un sens, explique la conférencière. « J´écris à force de me taire! », J’écris « Ces Voix qui m’assiègent…: ». (Assia Djebar).

Nul n’est prophète dans son pays … Avec grand étonnement, j’ai réalisé par l’exposé de notre invitée qu’Assia Djebar n’était pas du tout enseignée en Algérie, la majorité des Algériens ne la connaissent pas. Nous avons eu plusieurs témoignages qui confirmaient les dires de notre invitée. Il est certain qu’elle dérangeait par ses écrits, ses engagements, ses réalisations cinématographiques puisqu’au-delà d’être écrivain, elle était aussi la première femme cinéaste en Algérie. Ses expressions étaient donc multiples comme l’Algérie dans sa diversité sociale et culturelle et c’est ce qu’elle aimait refléter dans ses récits singuliers.

Raconter la réalité des femmes rurales et citadines, l’expression de leur corps en mouvement, elle l’exprimait dans son premier film de fiction « La Nouba des femmes du Mont Chenoua » qui ne reçut pas en Algérie la reconnaissance qu’elle méritait à l’époque alors que le film fut primé en Italie à La biennale de Venise.«J’ai pensé sincèrement que je pouvais devenir écrivain francophone. Mais pendant ces années de silence, j’ai compris qu’il y avait des problèmes de la langue arabe écrite qui ne relèvent pas actuellement de ma compétence. C’est différent au niveau de la langue de tous les jours. C’est pourquoi, faire du cinéma pour moi ce n’est pas abandonner le mot pour l’image. C’est faire de l’image-son. C’est effectuer un retour aux sources du langage».La romancière-cinéaste voulait traduire, dit-elle, à travers les sons, les voix, les cris, les chants des femmes qui se font écho dans les ruelles, les chuchotements des femmes reléguées dans les campagnes: la mémoire dont elles sont les gardiennes… ». Elle s’était vouée à la condition des femmes musulmanes, à leur émancipation pour permettre un dialogue des cultures. Ses origines arabo-berbère, algéro-française cimentaient son universalité.Par ces affirmations et le contenu magistral de notre conférencière, je ne peux qu’être fière de ce que LABA asbl a encore une fois réalisé, toujours dans l’innovation, dans l’originalité et dans la qualité de ses sujets et thématiques, de ses invités et conférencier(e)s mais aussi et surtout de son public toujours intéressé et fidèle. Les Amitiés belgo-algériennes asbl, remplit bien les missions et les objectifs qu’elle s’est fixée et pense déjà pour son prochain événement, alors à très bientôt …

Merci Amel pour cette belle conférence riche en enseignement, j’en suis ressortie plus forte. Riche en amitiés, notre sortie d’après-conférence a été chaleureuse et complice. Comme je le disais aux filles, c’est comme si vous vous connaissiez toutes depuis des années et pourtant, j’étais le fil rouge et il a bien donné. Je ne peux oublier nos éclats de rire et nos petites histoires …
Merci aussi pour avoir joué le jeu et t’être laissé emporter ensuite dans une ambiance amicale, plus festive autour d’un repas et d’une animation musicale et dansante. Cela t’a permis tout comme le faisait Assia Djebar, disais-tu, d’écouter et de savourer les histoires de femmes et de s’y retrouver … Bon vent, dans tous tes projets, que le Cercle des Amis d’Assia Djebar puisse perdurer et rayonner. Au plaisir de te revoir et de te suivre avec ton cercle de lecture, ce n’est qu’un au revoir et te dis à bientôt …
Merci à toutes celles et ceux qui étaient présents malgré le beau soleil et toutes celles et ceux qui de leur lieu de villégiature puisque en vacances m’ont souhaité bonne réussite.

Amel Chaouati a écrit sur son Facebook au retour de Bruxelles :
Amel Chaouati : C’était vendredi à Bruxelles. Je remercie l’association amitié belgo-algérienne Laba Asbl pour cette rencontre devant un public de grande qualité dans les locaux de l’association Amazone représentée par Inge Van der Stighelen. Je voudrais particulièrement remercier Ghezala Cherifi ainsi que tous les membres et amis de l’association qui ont rendu mon séjour des plus agréables. Je n’oublie pas de saluer toutes les femmes exceptionnelles (et l’unique homme!) avec qui j’ai poursuivi la conversation autour de la table dans la joie et la bonne humeur. Merci à vous!

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